26.01.2012
Qui peut vivre dans un monde sans passion ?
Mon texte précédent extrait de ma pièce La Toile est passé en mode brouillon ce qui empêche sa publication et je ne retrouve plus ce texte sous l’image. A-t-il été censuré ? S'agit-il d'un incident technique ? J’ai re publié le titre "le désir de Vous" et l’illustration sans ce texte puisqu’il semble poser problème mais même sans le texte il repasse en mode brouillonJe sais pourtant doser ce que je mets en ligne. Il ya par exemple un passage de cette même pièce « la Toile » que je ne publierais jamais sur un blog parce que sorti de son contexte théâtral, il serait très mal perçu mais c’est pourtant le temps fort de la pièce.
Je suis donc étonner et très déçue que ce texte théâtral sur le désir féminin soit censuré. Il me semblait dire quelque chose d’important. Le censurer, c’est contraindre son auteur à se sentir sale. Or ce texte ne parlait que d’amour.
Malgré une modération stricte, il est passé sans problèmes sur mon blog « fragments de scène » sur le site de Sud-Ouest : "le désir de Vous". J'enlève le lien puique ce texte semble à ce point maudit .
Je savais que la liberté d’expression régressait. Je suis consciente que tout ne peut pas se dire sur le net et que les blogs doivent être modérés mais je suis déçue de voir que l’on ne peut plus évoquer l’amour et le désir même à travers un œuvre théâtrale .
Qui veut vivre dans un monde sans passion ? Il semble décidément bien loin le théâtre de Pinter !
14:03 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, désir, liberté d'expression, théâtre
20.01.2012
Ecrire , c'est se dévoiler

Dans les débuts de la généralisation des blogs à la fin de 2005, j’avoue n’avoir pas très bien compris pourquoi tant de gens utilisaient un pseudo. Il s’agissait alors pour moi de parler de ma peinture et de l’exposé des concepts de mouvement que j’avais contribué à créer ; Je voyais mal pourquoi je l’aurais fait au nom de Lola Jeanne d’Arc , la Reine Margot ou Pintraque ou Tartenpionne.
Chaque artiste n’aspirant qu’à faire connaitre sa création, le plus simple est d’utiliser sa véritable identité. Si le choix d’un pseudonyme est préféré, ce dernier accompagne l’artiste qui le choisit et devient son identité d’artiste. S’il devenait célèbre, son patronyme apparaitra de toute façon dans sa biographie.
Ayant donc l’habitude d’ouvrir mes premiers blogs sans pseudo, j’ai été très vite confrontée aux limites imposées par mon patronyme.
D’une chose à l’autre, un blog est aussi devenu pour moi un journal intime et il m’a semblé préférable de m’exprimer parfois sous pseudo. Ce n’est pas que je n’aime pas le mélange des genres mais, les choses étant ce qu’elles sont et les esprits cartésiens solidement ancrés à leurs convictions il m’a semblé dangereux dans un premier temps de publier sous une même identité des textes conceptuels sur ma peinture et des considérations spirituelles, mystiques donc irrationnelles . C’est ainsi qu’est née « Marthe » sur un blog consacré à la spiritualité.
Il n’y a pourtant pas de frontière entre ma démarche artistique et ma spiritualité. Je rationnalise ma recherche mais il n’existe pas d’art sans spiritualité il n’existe pas de processus de création artistique base ne fasse pas appel à l’irrationnel puisque la véritable création consiste à donner forme à quelque chose qui n’existe pas encore.
Par contre il est tout à fait possible d’être artiste sans être mystique et sans aucune référence à Dieu.
L’époque où j’avais besoin d’un pseudo pour exprimer une autre partie de moi est révolue. Mon livre « Une aventurière de Dieu m’a permis de rassembler mes diverses facettes puisque ce livre évoque mes interrogations métaphysiques et ma rencontre avec Dieu à travers les étapes les plus marquantes de ma vie.
A partir de là, s’est posée à moi la question de savoir pourquoi je me resterais anonyme Le moins que l’on puisse dire est que mes blogs sont nettement plus lus que mes livres. De plus ,un blog est accessible à n’importe qui sur simple clic. Se procurer un livre est une toute autre démarche. Une personne qui achète un livre dans lequel je parle de moi a envie d’entrer dans mon intimité mais en accomplit le chemin ; de cet échange nait une rencontre entre l’auteur d’un livre.
Se rendre sur un blog répond à une toute autre logique dans laquelle intervient parfois l’intérêt pour ce qu’écrit l’auteur mais aussi, la curiosité, l’habitude, l’ennui, le voyeurisme, la détestation des idées du blog ou la recherche de ragots à colporter.
On est donc bien plus protégé en se dévoilant dans un livre qu’en exposant des choses très personnelles sur un blog, car à moins d’une promotion conséquente les révélations faites par l’auteur d’un livre restent confidentielles.
Il se trouve qu’en dépit du fait que tous les internautes qui me lisent ne sont pas forcément bien intentionnés envers moi, j’ai souvent besoin sur de laisser s’épancher le trop-plein des émotions qui me submergent souvent en raison d’une vie quotidienne bien difficile.
Il m’arrive de publier certaines notes que j’enlève rapidement, notamment lorsqu’elles parlent d’une personne qui m’est proche. Les gens qui me lisent depuis longtemps savent ce qu’il en est mais par respect pour ma famille je préfère ne pas laisser trainer n’importe quoi sur google.
A tout moment, une personne peut se reconstruire et dans ce cas, il n’est pas bon que des propos la renvoient à ce qu’elle n’est plus !
C’est aussi parce que ce blog est ouvert à bien d’autres choses que le débat d’opinions que je ferme souvent les commentaires.
Il faut être sacrément de mauvaise foi pour persister ne pas vouloir le comprendre.
Pour moi les opinions sont bien moins importantes que l’être.
14:28 Publié dans Pourquoi écrire ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blogs, vie privée, pseudonyme, livre
18.01.2012
Ecrire sans masque

Lorsque l'on est affecté par le travail de sape insidieux d'une personne auprès de gens qui nous sont chers, c'est que la personne qui agit ainsi, tire son pouvoir de nuisance de cet investissement affectif. Je me fiche de ce qu'on peut dire ou écrire sur moi lorsque les gens me sont indifférents.
Etre dénigré auprès de gens auxquels on attache de l'importance pose une angoissante interrogation. :" Est-ce que les gens auxquels j'accorde ma confiance et parfois bien plus peuvent se laisser influencer par une telle attitude ? " Mais il est souvent trop tard car se mettre en position de se défendre d'attaques si sournoises que les gens qu’on estime ne les voient pas donne rarement le beau rôle. Le piège se referme. . On est entraîné dans une spirale négative d'où l'on ne peut sortir indemne, l'autre tirant parti de cette déstabilisation pour inverser la situation à son avantage en niant toute responsabilité dans lé dégradation des échanges dont il dit être la victime.
Face à de telles interactions minées à la base, le plus sage est de quitter la partie.
C'est difficile lorsque l'on est attaché à une personne que l'on croyait assez lucide pour comprendre ce qui se passe mais sa réaction ou parfois son absence de réaction à ce qui blesse est déterminante pour la suite des échanges.
Si je généralise, c'est bien entendu parce que de telles attitudes sont d’une grande banalité mais aussi pour marquer ma désaffection pour des gens qui avaient pris trop d’importance pour moi.
Un surinvestissement affectif n’est jamais anodin. Il révèle une faille qui expose et fragilise. Je le savais ; je connaissais cette faille mais j’ai pris le risque de vivre cette situation parce qu’elle accomplissait quelque chose en moi.
Mettre toute sa sincérité dans des échanges pollués par des gens sournois expose à de douloureuses déconvenues. Aujourd'hui je ne veux plus donner le pouvoir de me faire mal à des gens pour lesquels les relations sociales s'appuient en grand partie sur des jeux psychologiques comblant la vacuité de leur existence.
Faut-il pour autant cesser d'être sincère ? Je ne ferai jamais ce choix. Traverser la vie avec un masque et des faux semblants ? Non merci, très peu pour moi. Dans l’écriture, je suis livrée parce que c’est la seule façon de toucher ma vérité.
Et tant pis s'il m'arrive d'en souffrir. La vie n'a jamais été un long fleuve tranquille mais rien n'empêche d'en changer le cours pour ne pas s'épuiser dans d'inutiles remous.
14:06 Publié dans Pourquoi écrire ? | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jeux psychologiqus, pervers manipulateur, désaffection, écriture
16.01.2012
Vieillir, c'est refermercertanes portes

Je me suis enfin libérée de lui, " l'être aimé invisible" auquel j'avais dédié mon livre et qui m'avait inspiré ma pièce la Toile. Je ne retrouvais plus l’homme que j’avais tant aimé en lui au temps où, nos échanges vibraient encore. Mais le temps a passé.
Vieillir c'est fermer des portes, les quitter l'une après l'autre jusqu'à se cantonner dans un espace restreint où l'on détermine un essentiel à préserver parce qu'il révèle le sens de toute une vie. Tout ce qui le fragilise, le met en question finit par faire peur.
Je ne fais pas partie de son essentiel pas même dans l'idée. C'est le seul reproche que je pourrais lui faire mais en ai-je le droit ? Qui pourrait avoir la prétention d'exister dans cet espace intime qui appartient à chacun ou circulent déja les souvenirs de tant de visages et l'essence de tant d'être aimés ? Je devine ce qui est important pour lui et je comprends pourquoi.
C'était l'espace virtuel qui faisait illusion, celui où il semblait être parce qu'il s'y exprimait mais il avait depuis longtemps quitté l'île du possible sur laquelle nous nous étions rencontrés. Je ne saisis pas pourquoi en ces temps où je commence à refermer quelque portes, il fait encore partie de mon essentiel à moi.. Est-ce à cause de "l'être aimé invisible" et "la Toile" qu'il reste à ce point lié à ma vie ? À présent je n'ai plus besoin de savoir ce qu'il devient. Je préfère même ne plus jamais en entendre parler.
Je n'avais pas compris qu'à partir du moment où j’avais prolongé dans l'écriture , cette étrange relation, elle n'avait plus besoin d'exister ailleurs
14:32 Publié dans Etats d'âme | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : vieillese, amour, écriture
10.01.2012
Entre deux expulsions : la peinture

Cocorico L’année dernière, dès que j’ai retrouvé le désir de peindre et l’émotion des sensations d’autrefois comme l’odeur des toiles et des peintures, j’ai dit à ma femme que je voulais changer de profession. J’ai de l’argent placé, des biens immobiliers. J’étais prêt à en vendre une partie pour assumer ma passion. Qu’est-ce que je risquais ? Vous savez ce qui est arrivé ? Toute la famille s’est liguée contre moi. Ma femme a même fait disparaître mon matériel de peinture. J’ai piqué une crise d’une violence dont j’étais le premier surpris en cassant un bibelot de valeur qu’elle tenait de sa famille. Je n’ose même pas vous dire la suite tant j’en ai honte.
Zorro : Elle voulait divorcer ?
Cocorico : Hélas non ! J’aurais pris ça pour une bénédiction mais elle ne va pas me lâcher comme ça. Je suis un bon placement. Elle m’a fait interner à l’hôpital psychiatrique. Vous ne pouvez pas imaginer l’humiliation. J’étais soi-disant fou, uniquement parce que je voulais devenir artiste. Je ne suis pas pourtant pas Van Gogh ! Heureusement pour moi, un ancien copain de lycée devenu psychiatre m’a aidé à sortir de là. Depuis, j’ai été contraint de laisser tomber mes cours des Beaux-arts du soir. Un ami artiste rencontré lors d’un vernissage me permet de venir dans son atelier. Ce sont les seuls moments où je m’autorise à peindre en cachette, entre deux saisies. Heureusement il y a Internet. J’ai communiqué avec cette fameuse Vérité. J’espérais qu’elle me donnerait la force de changer de vie mais elle n’est pas au rendez-vous.
Zorro : Peindre entre deux saisies ? On enlève des meubles. Une femme pleure et vous supplie de lui laisser le buffet. Vous sortez de là, respirez un grand coup, vous allez brosser le fond de la toile qui vous attend, puis vous regardez votre montre : « Ah c’est l’heure ! Qu’est-ce que c’est déjà ? Merde, une expulsion ! Bon je continuerai cette toile demain... ».
Cocorico : C’est à peu près ça mais qu’est-ce qui se passe ici ? C’est un procès ou quoi ? ( A Oasis ) Ne devions-nous pas aller prendre un verre ?
Extrait de ma pièce " la Toile
13:40 Publié dans La Toile : Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : peinture, beaux arts, théâtre, internet, folie, van gogh, psychiatrie, huisssier, saisie, expulsion
23.12.2011
Si on avait su !

A chaque fin d'année , on espère que la nouvelle sera meilleure. Mais lorsque l'on entre à la fois dans un nouveau siècle et un nouveau millénaire, tous les espoirs sont permis mais rapidement déçus comme en témoigne les souvenirs de la "grognasse"
"Heureusement qu'on est au vingt-et-unième siècle. C'est bien, parce qu'on y est rentré plutôt deux fois qu'une, dans ce troisième millénaire. Le premier janvier 2000 et le premier janvier 2001. Entre les deux, ça compte pas. Il ne s'est rien passé du tout. C'est toujours pratique, les séances de rattrapage pour ceux qui n'auraient pas remarqué le “deux” suivi des trois zéros. C'est vrai que si on est un peu distrait, on rentre dans un millénaire sans s'en apercevoir, un peu comme si on se trompait de porte.
C'est sûr que c'est tellement rare, un changement de millénaire que c'est normal que certains aient eu envie de jouer les prolongations. Et puis, on attend toujours ce qui va changer : Alors on espère que 2001 sera un peu plus divertissant, parce qu'il faut bien reconnaître qu'à part quelques gros feux d'artifice, ça n'a pas changé grand chose, le fameux an 2000. Tout gamin déjà, on se faisait une fête à la perspective de vivre un jour cette année mythique ! On imaginait les choses les plus extravagantes. Et puis, rien ! Si on avait su que le bogue n'aurait pas lieu et que les jours couleraient toujours aussi insipides et monotones, que nos dirigeants nous raconteraient toujours les mêmes bobards qu'on ferait semblant de croire pour pas les vexer, que les “affaires” amuseraient toujours des juges en mal de vengeance et de célébrité, que nos athlètes interdits de dopage par la Ministre des sports rateraient leurs Jeux Olympiques, que le spectacle dernier cri s'appellerait “Roméo et Juliette”, que les puceaux et les pucelles iraient chercher leur nouvelle star en écoutant le vieux Jean-Paupaul aux Journées Mondiales de la Jeunesse et que les Américains éliraient un Président avec moins de voix que son concurrent, oui si on avait su tout ça , je sais pas si on aurait payé pour voir ça . On aurait donc pas attendu le grand soir et au lieu de rêver, on aurait peut-être pu commencer à changer les choses."
extrait de mon livre "la grognasse "
14:24 Publié dans La grognasse : Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nouvel an 21 siècle
20.12.2011
La faute à Dieu ?

Catharsis : Mais toutes ces injustices, vous les expliquez comment ?
Zorro : Ce ne sont pas des injustices. C’est le chemin de chaque être humain. Le seul bureau des réclamations concevable est celui qui s’adresse à Dieu. Inutile d’aller manifester à plusieurs ou d’envoyer une délégation syndicale pour négocier avec lui. Il ne reçoit pas les gens en groupe et parle à chacun de nous. C’est à Dieu qu’il faut demander pourquoi il nous a fait pauvre, mal foutu, malade, infirme, trop petit, trop gros, trop laid enfin trop quelque chose. Qu’il réponde ou pas est sans importance puisqu'au fond de nous, nous savons ce que nous avons à accomplir de la façon dont Dieu nous a créés..
Oasis : Il a bon dos votre Dieu. Personne n’est responsable de rien alors ? Pourtant on est souvent pauvre parce qu’on ne veut pas travailler, gros parce qu’on mange trop et malade à cause d’une mauvaise hygiène de vie. Si l’on se dit que c’est le destin, on baisse les bras et il n’y a plus qu’à se laisser aller.
Zorro : J’allais y venir. Pourquoi nous adresser à Dieu ? Parce que c’est la seule façon d’être face à nous-mêmes et de nous demander par exemple pourquoi suis-je né avec un handicap et comment à partir de là, puis-je mener au mieux ma vie ? Comment saisir au mieux la chance que Dieu m’a offerte en me privant de la capacité de séduction que m’aurait donnée une beauté arrogante ou pourquoi m’a-t-il fait connaître la misère, jusqu’à me faire dormir sur un trottoir ? Á quoi cela me sert-il ? Qu’est-ce que j’ai compris sur moi, sur les autres et qu’est-ce que je fais avec ça ? C’est le contraire de la fatalité. Ceci me semble bien plus créatif de considérer ainsi les choses plutôt que d’attendre une révolution qui ne vient jamais ou alors tellement entachée de sang qu’elle ne peut imposer sa loi que dans un totalitarisme qui en nie les idées généreuses. Le principal ennemi du communisme n’est pas le capitalisme, c’est Dieu mais le principal ennemi du capitalisme n’est pas non plus le communisme, c’est aussi Dieu. Notre véritable force, c’est encore Dieu. Il est le seul vrai concurrent de tous les systèmes politiques. Il est le seul à offrir à chacun de nous la possibilité d’être ce pourquoi nous sommes venus sur terre. Que nous soyons pauvres, handicapés ou encore malades, notre vulnérabilité nous met en contact avec le divin. Aucun idéal politique ne peut nous faire ainsi approcher notre vérité intime. Attention : j’ai bien dit “Dieu” à ne pas confondre avec une quelconque religion. Parce qu’elle sont des institutions, les religions sont souvent le plus sûr moyen de nous éloigner de la véritable lumière spirituelle. Elles ne nous aident pas à nous trouver. Elles disputent au politique le pouvoir sur les foules pour assurer leur domination."

extrait de ma pièce de théâtre : La Toile
13:18 Publié dans La Toile : Théâtre | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : dieu, injustice, religions, spiritulaité, théâtre, capitalisme, communisme
14.12.2011
L'enfant de l'amour

"Á la clinique, je ne pensais pas qu'un nourrisson puisse pleurer au crépuscule, uniquement parce que la lumière décline. Quand inquiète, je posais des questions à la puéricultrice, elle me répondait :
- Ce n'est pas forcément facile de vivre !
Déjà ! Je serrais Julien contre moi, mais je venais de lui transmettre mes angoisses. Qui a dit que c'était simple d'être mère ? La mienne a attrapé une angine, le jour de mon accouchement : En septembre par une chaleur caniculaire ! Ça la dispensait de venir me voir à la maternité. Elle avait surtout très peur. Déjà la sage-femme lui avait menti en lui disant que tout se passait bien pour ne pas l'inciter à venir... Il faut dire que ma mère m'avait dit un jour :
- Un accouchement, c'est toujours une boucherie !
Issue de là, quel long chemin pour moi que de donner la vie, comme un acte d'amour. En devenant mère à mon tour, je pouvais tout pardonner à mes parents, ce qu'ils n'ont pas bien fait et les fois où ils ne m'ont pas prise dans leurs bras pour essuyer mes larmes. Moi aussi, j'allais faire des erreurs. Il y aurait des remords et des doutes. Un jour, je serais jugée pour tout ce que j'aurais mal fait.
En attendant, il y a eu des rires et des moments de bonheur. Une complicité étroite est née entre nous. Quand je me levais pour le biberon de nuit, il me gratifiait d'un éclat de rire et je me rendormais, comblée. Jamais, je ne m'étais sentie aussi belle avec mon bébé que l'on disait splendide. C'était l'enfant de l'amour. On a failli être heureux, mais ses pleurs me bouleversaient. J'aurais voulu le protéger contre tout, la peur , la douleur et les cauchemars. Je ne savais pas que la force de mon amour qui l'a porté pendant sa petite enfance, un jour deviendrait un fardeau."
extrait de mon livre : la grognasse
14:07 Publié dans La grognasse : Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : livre, enfantement, maternité accouchement, femme
09.12.2011
Dis moi où tu as mal, je te dirais qui tu es

"Ça cogne contre mes tempes. Je suis écrasée par le poids de l'injustice qui frappe Julien. Ma santé s'affole. Mal au bide, des spasmes à en hurler ! Ma thyroïde m'enveloppe d'une écharpe permanente comme si c'était toujours l'hiver. Je recule l'échéance de l'opération : Pas le temps ! Je donne mes nuits blanches, ma voix et mes dernières forces pour tenter de maintenir la tête de Julien hors de l'eau. J'ai peur de nous noyer, tous ensemble si je relâche mon attention. Même mes mains deviennent insortables. Les paumes se couvrent de psoriasis. Mes cordes vocales se voilent. Le goitre peut-être ou la peur ? Faut pas trop se plaindre ! Ça a quand même quelques avantages, la maladie ! Ça fait des choses à raconter à la famille. C'est ce qui permet de ressembler à tout le monde. Quand ma mère me téléphone, on parle que de ça : La maladie, la mienne, la tienne, la chienne aussi elle est malade. Y en a pour tout le monde : Dans la famille malade, je voudrais le grand-père. Il est mort. Pioche! Je voudrais le père: Ah, il est mort aussi. Alors je voudrais la mère ! Ah, je l'ai la mère dans la famille malade ! Dis moi où tu as mal, je te dirais qui tu es. Surtout que c'est vraiment universel, la maladie. C'est partagé par tous, mieux que le pognon. Encore que l'accès aux soins, c'est pas vraiment universel. Vaut mieux être Européen et se soigner quand on n'a rien de grave qu'être Africain et en mauvaise santé.
Ce qu'il y a de bien, c'est que pour chaque maladie, y a des références. Y a toujours un cousin, une voisine ou la fille de la boulangère qui a eu la même chose. Si par hasard, cette personne en est morte, vous voyez ce qu'il vous reste à faire. Ça laisse pas beaucoup de marge : Faut ce qu'il faut pour ressembler à ses semblables. Mais si par hasard vous trouvez moyen de mourir quand la voisine qui a eu la même chose s'en est tirée, vous imaginez ce que vous allez entendre à la prochaine réunion familiale, dans l'au-delà, bien sûr."

extrait de mon livre " la grognasse"
17:32 Publié dans La grognasse : Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : maladies, humour
02.12.2011
Prière d'une mère

"Je me demande à quoi sert ma quête spirituelle si je me sens interdite de communiquer l'amour qui est en moi à l'être que j'ai mis au monde et que je vois parfois si désespéré. Les tourments qui l'assaillent reviennent aussi sûrement que le vent emportera les feuilles qui font de la résistance sur les branches dont l'amour ne suffit plus à empêcher la chute.
Il s'est construit une prison intérieure dans laquelle la lumière non seulement ne passe plus, mais lui fait très mal. J'ai peur de ces dialogues suspendus où je ne peux dire un mot de trop, de crainte de tout voir basculer. Je n'ai plus d'efforts à faire pour deviner les monstres qui l'habitent et qu'il voudrait convier à notre table ou à celle des gens qu'il rencontre, pour donner droit de cité à ce que toute âme sensée réprouve.
Par les mots qu'il ne dit pas, mais que je connais par cœur, qu'il sait que je sais et que je sais qu'il sait que je sais, il y a l'inacceptable, celui qui se terre dans les labyrinthes ou les couloirs de l'inconscient.
Dans ces mots qui se disent sans se dire il y a une insoutenable tension : Je me fige dans un non-lieu avec une prière que je récite en moi-même pour que ses mots et ce qu'ils cachent glissent sans m'atteindre. Dans ces moments là, je n'existe plus. Je voudrais n'être plus là. Je ne suis plus qu'attente dans l'espoir que quelqu'un vienne nous délivrer de cet enfer.
L'amour d'une mère a le pouvoir de cacher à son petit enfant, les ratés de la vie pour lui permettre de danser en plein midi quand dehors il fait nuit. Depuis qu'il est adulte, mon amour lui semble parfois une injure ! Il lui révèle l'absence criante de celui qu'il devrait pouvoir trouver ailleurs. Il l'enroule dans sa solitude au point de sembler l'anéantir et pourtant si cet amour n'existait pas, je ne me demande s'il serait encore en vie.
Qui peut seulement imaginer un être pour lequel les mots d'amour sont blessants et qui par moments s'emmure dans une telle forteresse que le soleil ne parvient même plus à en éclairer les barreaux ? Plus que jamais, la prière est une absolue nécessité. Elle finit par l'éclairer et nous parvenons ensuite à nous dire cet amour que nous éprouvons les uns envers les autres. Il sait qu'il peut compter sur nous. Mais peut-on construite un château sur des sables mouvants ? Je trace des ponts sur l'invisible. La douleur de mon fils décrédibilise d'avance tout témoignage spirituel que je pourrais écrire, mais je m'y attelle tout de même car c'est aussi dans les moments de découragement et de doute que je peux espérer effleurer l'ultime vérité. Ai-je été une bonne mère ? Si j'étais vraiment inspirée par Dieu, pourquoi ne pourrais-je pas apporter du bonheur à mes proches ? Pourquoi Dieu reste-t-il sourd à mes prières ? Pourquoi ne peut-il pas insuffler à mon fils chéri, la révélation qu'il est un être digne de respect et d'amour. Pourquoi ne l'aide-t-il pas à faire de ses épreuves un atout ? Pourquoi l'amour des parents n'y suffit-il pas ?"
extrait de mon livre : "une aventurière de Dieu"
17:38 Publié dans Une aventurière de Dieu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : amour maternelle souffrance psychique, spiritualité























