26.01.2012

Qui peut vivre dans un monde sans passion ?

Mon texte précédent extrait de ma pièce    La Toile est  passé en mode brouillon  ce qui empêche sa  publication  et je ne retrouve plus ce texte sous l’image. A-t-il été censuré ? S'agit-il d'un incident technique  ? J’ai re publié le titre "le désir de Vous"  et l’illustration sans ce texte puisqu’il semble poser problème mais même sans le texte il repasse en mode brouillonJe sais pourtant  doser ce que je mets en ligne. Il ya  par exemple  un passage de cette même  pièce  « la Toile » que je ne publierais  jamais  sur un blog parce que sorti de son contexte théâtral, il serait très mal perçu mais c’est pourtant  le  temps fort de la pièce.

 Je suis donc étonner et très déçue  que ce texte théâtral sur le désir féminin soit  censuré.   Il me semblait dire quelque chose d’important.  Le censurer, c’est contraindre son auteur à se sentir sale.  Or ce texte ne parlait que d’amour.

 

 Malgré une modération stricte, il est passé sans problèmes sur mon blog  « fragments de scène » sur le site de Sud-Ouest :  "le désir de Vous". J'enlève le lien puique ce texte semble à ce point maudit .

Je savais  que  la liberté d’expression régressait. Je suis consciente que tout ne peut pas se dire sur le net et que les blogs doivent être modérés  mais je suis déçue de voir que l’on ne peut plus évoquer l’amour et le désir même à travers un œuvre théâtrale .

 Qui veut vivre dans un monde sans passion ? Il semble décidément bien loin le théâtre de Pinter !

 

20.01.2012

Ecrire , c'est se dévoiler

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Dans les débuts de la généralisation des blogs  à la fin de 2005, j’avoue n’avoir pas très bien compris pourquoi tant  de gens utilisaient un pseudo. Il s’agissait alors  pour moi de parler de ma peinture et de l’exposé des concepts de mouvement que j’avais  contribué à créer ; Je voyais mal pourquoi je l’aurais fait au nom de Lola   Jeanne  d’Arc , la Reine Margot  ou  Pintraque  ou Tartenpionne.

Chaque artiste n’aspirant qu’à faire connaitre sa création, le plus simple est d’utiliser sa véritable identité. Si le choix d’un pseudonyme  est préféré, ce dernier accompagne l’artiste qui le choisit et devient son  identité d’artiste. S’il devenait célèbre, son patronyme apparaitra de toute façon dans sa biographie.

Ayant donc l’habitude d’ouvrir mes premiers blogs  sans pseudo, j’ai été très vite  confrontée aux limites imposées par mon patronyme.

 D’une chose à l’autre,  un blog est aussi devenu pour moi un journal intime et il m’a semblé préférable  de m’exprimer parfois sous pseudo. Ce n’est pas que je n’aime pas le mélange des genres mais, les choses étant ce qu’elles sont  et les esprits cartésiens solidement ancrés à leurs convictions il m’a  semblé dangereux dans un premier temps de publier sous une même  identité des textes conceptuels sur ma peinture  et  des considérations spirituelles, mystiques   donc irrationnelles . C’est ainsi qu’est née « Marthe » sur un blog  consacré à la spiritualité.

Il n’y a pourtant  pas de frontière entre ma démarche artistique et ma spiritualité. Je rationnalise ma recherche mais il n’existe pas d’art sans spiritualité il n’existe pas de processus de création artistique  base ne fasse pas appel à l’irrationnel puisque la véritable création consiste à  donner forme à quelque chose qui n’existe pas encore.

 

 Par contre il est tout à fait possible d’être artiste sans  être mystique et sans aucune référence à Dieu.

 

L’époque où j’avais besoin d’un pseudo pour exprimer une autre partie de moi   est révolue. Mon livre  « Une aventurière de Dieu m’a permis de rassembler mes diverses facettes  puisque ce livre   évoque mes interrogations métaphysiques  et ma rencontre avec Dieu  à travers les étapes les plus marquantes de ma vie.

 

A partir de là, s’est posée à moi la question de savoir pourquoi je me resterais anonyme  Le moins que l’on puisse dire est  que mes blogs sont nettement plus lus que mes livres. De plus ,un blog est accessible à n’importe qui sur simple clic. Se procurer un livre est une toute autre démarche.  Une personne qui achète un livre dans lequel je parle de moi  a envie d’entrer dans mon intimité mais  en accomplit le chemin ; de cet échange nait  une rencontre entre l’auteur d’un livre.

 

Se rendre sur un blog répond à une toute autre logique dans laquelle intervient parfois l’intérêt pour ce qu’écrit l’auteur mais aussi, la curiosité, l’habitude, l’ennui, le voyeurisme, la détestation  des idées du blog  ou  la recherche de ragots à colporter.

On est donc  bien plus protégé en se dévoilant  dans un livre qu’en exposant des choses très personnelles  sur un blog,  car  à  moins d’une promotion conséquente les révélations faites par l’auteur d’un livre restent  confidentielles.

 Il se trouve qu’en dépit du fait que tous les internautes qui me lisent ne sont pas forcément bien intentionnés envers moi, j’ai souvent besoin sur de laisser s’épancher  le trop-plein des émotions qui me submergent souvent  en raison d’une vie quotidienne bien difficile.

 Il m’arrive de publier certaines notes que j’enlève rapidement,  notamment lorsqu’elles  parlent d’une personne qui m’est proche. Les  gens qui me lisent depuis longtemps savent ce qu’il en est mais par respect pour ma famille je préfère  ne  pas laisser trainer n’importe quoi sur google.

 

A tout moment,  une  personne peut se reconstruire et   dans ce cas, il  n’est pas bon que des propos la renvoient à ce qu’elle n’est plus !  

C’est aussi parce que ce blog  est ouvert à bien d’autres choses que le débat d’opinions que je ferme souvent les commentaires.

Il faut être sacrément de mauvaise foi pour persister ne pas vouloir le comprendre.

Pour moi les opinions sont bien moins importantes que  l’être.

 

18.01.2012

Ecrire sans masque

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Lorsque l'on est affecté par le travail de sape insidieux d'une  personne auprès de gens qui   nous sont chers, c'est  que la personne qui agit ainsi,  tire son pouvoir de nuisance  de cet  investissement  affectif. Je me  fiche de ce qu'on peut dire ou écrire sur moi  lorsque les gens me sont indifférents.

Etre dénigré auprès de gens auxquels on attache de l'importance pose une angoissante interrogation.   :" Est-ce que les gens auxquels j'accorde ma confiance et parfois bien plus  peuvent se laisser influencer par   une  telle attitude ? "  Mais il est souvent trop tard car  se mettre en position de se défendre d'attaques si sournoises que  les gens qu’on estime ne les voient pas  donne rarement le beau rôle. Le piège se referme. . On est entraîné dans une spirale négative d'où l'on ne peut sortir indemne, l'autre tirant parti de cette déstabilisation  pour inverser  la situation à son avantage en niant toute responsabilité dans  lé dégradation des échanges  dont il dit être  la  victime.

Face à  de telles interactions minées à la base, le plus sage est de quitter la partie.

C'est difficile lorsque l'on est attaché  à une personne que l'on croyait assez lucide pour  comprendre ce qui se passe  mais  sa réaction  ou  parfois son absence de réaction à ce qui  blesse   est déterminante pour la suite des  échanges.  

Si je généralise, c'est bien entendu  parce  que  de telles attitudes sont d’une grande banalité mais aussi pour marquer ma désaffection  pour des gens  qui avaient pris   trop d’importance pour moi. 

Un surinvestissement affectif  n’est jamais anodin. Il révèle une faille qui expose et fragilise. Je le savais ; je connaissais cette faille mais j’ai pris le risque de vivre cette situation parce  qu’elle  accomplissait quelque chose en moi.

 

Mettre toute sa sincérité dans des échanges  pollués par des gens sournois expose à de  douloureuses déconvenues.   Aujourd'hui je ne veux plus donner le pouvoir de me faire mal à des gens pour lesquels les relations sociales    s'appuient en grand partie  sur des  jeux psychologiques comblant la vacuité  de leur existence.

Faut-il pour autant cesser d'être sincère ? Je ne ferai  jamais ce choix.   Traverser la vie avec un masque et des faux semblants ?   Non merci, très peu pour moi. Dans l’écriture, je suis livrée parce que c’est la seule façon de  toucher ma  vérité.

Et tant pis s'il m'arrive d'en souffrir. La vie n'a jamais été un long fleuve tranquille mais rien n'empêche d'en changer le cours pour   ne pas s'épuiser dans d'inutiles remous.

16.01.2012

Vieillir, c'est refermercertanes portes

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Je  me suis enfin libérée de lui, " l'être aimé invisible" auquel j'avais dédié mon  livre et qui m'avait inspiré ma pièce la Toile. Je ne retrouvais plus l’homme  que j’avais tant  aimé en lui au temps où, nos échanges vibraient encore.  Mais le temps a passé. 

Vieillir c'est fermer des portes, les  quitter l'une    après l'autre  jusqu'à se cantonner dans un espace  restreint où l'on détermine un essentiel à préserver   parce qu'il révèle le sens de toute  une vie. Tout ce qui le fragilise, le met en question finit par faire peur.

Je ne fais pas partie de son essentiel pas même dans l'idée. C'est le seul reproche que je pourrais lui faire mais en ai-je le droit ? Qui  pourrait avoir la  prétention d'exister dans cet espace intime qui appartient à chacun ou circulent déja  les souvenirs de tant de visages et l'essence de tant d'être aimés ?  Je devine  ce qui est important pour  lui et je comprends pourquoi.

C'était  l'espace virtuel qui faisait illusion, celui où il semblait être parce qu'il s'y exprimait  mais il avait depuis longtemps quitté l'île  du possible sur laquelle nous nous étions rencontrés. Je ne saisis  pas pourquoi  en ces temps où je commence à   refermer quelque portes, il  fait encore partie de mon essentiel à moi.. Est-ce à cause de "l'être aimé invisible" et "la Toile" qu'il reste à ce point lié à ma vie ? À présent  je n'ai plus besoin de savoir ce qu'il devient. Je préfère même ne plus jamais en entendre parler.

 Je n'avais pas compris qu'à partir du moment où j’avais  prolongé  dans l'écriture , cette étrange  relation,   elle n'avait plus besoin d'exister ailleurs

10.01.2012

Entre deux expulsions : la peinture

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Cocorico L’année dernière,  dès que j’ai retrouvé  le désir  de peindre et l’émotion  des sensations d’autrefois comme l’odeur des toiles et des peintures, j’ai dit à ma femme que je voulais changer de profession. J’ai de l’argent placé, des biens  immobiliers. J’étais prêt à en vendre  une partie pour assumer ma passion.  Qu’est-ce que je risquais ? Vous  savez ce qui est arrivé ? Toute la famille s’est liguée contre moi. Ma femme a même fait disparaître mon matériel de peinture. J’ai piqué une crise d’une violence dont j’étais le premier surpris  en cassant  un bibelot de valeur  qu’elle tenait de sa famille. Je n’ose même pas vous dire la suite tant j’en ai honte.

 

Zorro : Elle voulait divorcer ?

 

Cocorico : Hélas non !  J’aurais pris ça pour une bénédiction mais elle ne va pas  me lâcher comme ça. Je  suis un bon placement. Elle m’a fait interner à l’hôpital psychiatrique. Vous ne pouvez pas imaginer  l’humiliation. J’étais soi-disant  fou, uniquement  parce que je voulais devenir artiste. Je ne suis pas pourtant pas Van Gogh ! Heureusement  pour moi, un ancien copain de lycée devenu psychiatre m’a aidé à sortir de là. Depuis, j’ai été contraint  de laisser  tomber mes  cours des Beaux-arts du soir. Un ami artiste rencontré lors d’un  vernissage me permet de venir dans son atelier. Ce sont les seuls moments où je m’autorise à peindre en cachette, entre deux saisies.  Heureusement  il y a  Internet. J’ai communiqué avec cette fameuse Vérité. J’espérais qu’elle me donnerait la force de  changer de vie mais elle n’est pas au rendez-vous.

Zorro : Peindre entre deux saisies ? On enlève des meubles. Une femme pleure et vous supplie de lui laisser le buffet. Vous  sortez de là, respirez un grand coup,  vous allez brosser le fond de la toile qui vous attend, puis  vous  regardez votre montre : «  Ah c’est l’heure ! Qu’est-ce que c’est déjà ? Merde,  une expulsion ! Bon je continuerai cette toile demain... ».

Cocorico : C’est à peu près ça mais qu’est-ce qui se passe ici ? C’est un procès ou quoi ? ( A Oasis )  Ne devions-nous  pas aller prendre un verre ? 

Extrait de ma pièce  " la Toile

23.12.2011

Si on avait su !

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 A chaque fin d'année , on espère que la nouvelle sera meilleure. Mais  lorsque l'on entre à la fois dans un nouveau siècle et un nouveau millénaire, tous les espoirs sont permis mais rapidement déçus comme en témoigne les souvenirs de la  "grognasse"

 

"Heureusement qu'on est au vingt-et-unième siècle. C'est bien, parce qu'on y est rentré plutôt deux fois qu'une, dans ce troisième millénaire. Le premier janvier 2000 et le pre­mier janvier 2001. Entre les deux, ça compte pas. Il ne s'est rien passé du tout. C'est toujours pratique, les séances de rattrapage pour ceux qui n'auraient pas remarqué le “deux” sui­vi des trois zéros. C'est vrai que si on est un peu distrait,  on rentre dans un millénaire sans s'en  apercevoir, un peu com­me si on se trompait de porte.

C'est sûr que c'est tellement rare, un changement de millénai­re que c'est normal que certains aient eu envie de jouer les prolongations. Et puis, on attend toujours ce qui va changer : Alors on espère que 2001 sera un peu plus divertissant, parce qu'il faut bien reconnaître qu'à part quelques gros feux d'artifice, ça n'a pas changé grand chose, le fameux an 2000. Tout gamin déjà, on se faisait une fête à la perspective de vivre un jour cette année mythique ! On imaginait les choses les plus extravagantes. Et puis, rien ! Si on avait su que le bogue n'aurait pas lieu et que les jours couleraient toujours aussi insipides et monotones, que nos dirigeants nous raconteraient toujours les mêmes bobards qu'on ferait semblant de croire pour pas les vexer, que les “affaires” amuseraient toujours des juges en mal de vengeance et de célébrité, que nos athlètes interdits de dopage par la Ministre des sports rateraient leurs Jeux Olympiques, que le spectacle dernier cri s'appellerait “Roméo et Juliette”, que les puceaux et les pucelles iraient chercher leur nouvelle star  en écoutant le vieux Jean-Paupaul aux Journées Mondiales de la Jeunesse et que les Américains éliraient un Président avec moins de voix que son concurrent, oui si on avait su tout ça , je sais pas si on aurait payé pour voir ça . On aurait donc pas  attendu le grand soir et au lieu de rêver, on aurait peut-être pu com­mencer à changer les choses."

 

 extrait de mon livre  "la grognasse "

 

 

20.12.2011

La faute à Dieu ?

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Catharsis : Mais toutes ces injustices, vous les expliquez comment ?

Zorro : Ce ne sont pas des injustices. C’est le chemin de chaque être humain. Le seul bureau des réclamations  concevable est   celui qui s’adresse à Dieu.  Inutile d’aller manifester à plusieurs ou d’envoyer une délégation syndicale pour négocier avec lui. Il ne reçoit pas les gens en groupe et parle à chacun de nous. C’est   à Dieu qu’il faut demander pourquoi il nous a fait pauvre, mal foutu, malade, infirme, trop petit, trop gros, trop laid enfin trop quelque chose. Qu’il réponde ou pas est sans importance puisqu'au fond de nous, nous savons ce que nous avons à accomplir de la façon dont Dieu nous a créés..

Oasis : Il a bon dos votre Dieu. Personne n’est responsable de rien alors ? Pourtant on est souvent pauvre parce qu’on ne veut pas travailler, gros parce qu’on mange trop et  malade  à cause d’une mauvaise hygiène de vie. Si l’on se dit  que c’est le destin, on baisse les bras  et il n’y a plus qu’à se laisser aller.

Zorro : J’allais y venir. Pourquoi nous adresser  à Dieu ? Parce que c’est la seule façon d’être face à nous-mêmes et de nous demander par exemple pourquoi suis-je né avec  un handicap et comment à partir de là, puis-je mener au mieux ma vie ? Comment saisir au mieux  la chance que Dieu m’a offerte  en me privant de la capacité de séduction que m’aurait donnée une beauté arrogante ou  pourquoi m’a-t-il fait connaître la misère, jusqu’à me faire dormir  sur un trottoir ?  Á quoi cela me sert-il ? Qu’est-ce que j’ai compris sur moi, sur les autres et qu’est-ce que je fais avec ça ? C’est le contraire de la fatalité. Ceci me semble bien  plus créatif de considérer ainsi les choses plutôt que d’attendre  une révolution qui ne vient jamais ou alors  tellement  entachée de sang qu’elle  ne peut imposer sa loi que dans un totalitarisme qui en  nie les idées généreuses.  Le principal ennemi du communisme n’est pas le capitalisme, c’est  Dieu mais  le principal ennemi du capitalisme n’est pas non plus  le communisme, c’est aussi Dieu. Notre véritable force, c’est encore Dieu. Il est le  seul vrai concurrent de tous les systèmes politiques. Il est le seul à offrir à chacun de nous la possibilité d’être  ce pourquoi nous sommes venus sur terre. Que nous soyons pauvres, handicapés ou encore malades,   notre vulnérabilité  nous met  en contact avec le divin. Aucun idéal politique ne peut  nous faire ainsi  approcher notre vérité intime.  Attention :  j’ai bien dit “Dieu”  à ne pas confondre avec une quelconque religion. Parce qu’elle sont des institutions,  les religions sont souvent le plus sûr moyen de nous éloigner  de la véritable lumière spirituelle. Elles ne nous aident pas à nous  trouver. Elles  disputent au politique  le pouvoir sur les foules pour assurer leur domination."

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extrait de ma pièce de théâtre : La Toile

14.12.2011

L'enfant de l'amour

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"Á la clinique, je ne pensais pas qu'un nourrisson puisse pleurer au crépus­cule, uniquement parce que la lumière décline. Quand inquiète, je posais des questions à la puéricultrice, elle me répondait :

- Ce n'est pas forcément facile de vivre !

Déjà !  Je serrais Julien contre moi, mais je venais de lui transmettre mes angoisses. Qui a dit que c'était simple d'être mère ?  La mienne a attrapé une angine, le jour de mon accouchement : En septembre par une chaleur caniculaire ! Ça la dispensait de venir me voir à la maternité. Elle avait surtout très peur. Déjà la sage-femme lui avait menti en lui disant  que tout se passait bien pour ne pas l'inciter à venir... Il faut dire que ma mère m'avait dit un jour :

- Un accouchement, c'est toujours une boucherie !

Issue de là, quel long chemin pour moi que de donner la vie, comme un acte d'amour. En devenant mère à mon tour, je pouvais tout pardonner à mes parents, ce qu'ils n'ont pas bien fait et les fois   ils ne m'ont pas prise dans leurs bras pour essuyer mes larmes. Moi aussi, j'allais faire des erreurs. Il y aurait des remords et des doutes. Un jour, je serais jugée pour tout ce que j'aurais mal fait.

En attendant, il y a eu des rires et des moments de bonheur. Une complicité étroite est née entre nous. Quand je me levais pour le biberon de nuit, il me gratifiait d'un éclat de rire et je me rendormais, comblée.  Jamais, je ne m'étais sentie aussi belle avec mon bébé que l'on disait splendide. C'était l'enfant de l'amour.  On a failli être heureux, mais ses pleurs me bouleversaient. J'aurais voulu le protéger contre tout, la peur , la douleur et les cauchemars. Je ne savais pas que la force de mon amour qui l'a porté pen­dant sa petite enfance, un jour deviendrait un fardeau."

extrait de mon livre :  la grognasse

 

09.12.2011

Dis moi où tu as mal, je te dirais qui tu es

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"Ça cogne contre mes  tempes.  Je suis écrasée par le poids de l'injustice qui frappe Julien. Ma santé s'affole. Mal au bide, des spasmes à en hurler ! Ma thyroïde m'enveloppe d'une écharpe permanente comme si c'était toujours l'hiver. Je recule l'échéance de l'opération : Pas le temps !  Je donne mes nuits blanches, ma voix et mes dernières forces pour tenter de maintenir la tête de Julien hors de l'eau. J'ai peur de nous noyer, tous ensemble si je relâche mon attention. Même mes mains deviennent insortables. Les paumes se couvrent de psoriasis. Mes cordes vocales se voilent. Le goitre peut-être ou la peur ? Faut pas trop se plaindre ! Ça a quand même quelques   avantages, la maladie ! Ça fait des choses à raconter à la famille. C'est ce qui permet de ressembler à tout le monde.  Quand ma mère me téléphone, on parle que de ça : La maladie, la mienne, la tienne, la chienne aussi elle est malade. Y en a pour tout le monde : Dans la famille malade, je voudrais le grand-père. Il est mort. Pioche!  Je voudrais le père: Ah, il est mort aussi. Alors je voudrais la mère ! Ah, je l'ai la mère dans la famille malade ! Dis moi où tu as mal, je te dirais qui tu es. Surtout que c'est vraiment universel, la maladie. C'est partagé par tous, mieux que le pognon. Encore que l'accès aux soins, c'est pas vraiment universel. Vaut mieux être Européen et se soigner quand on n'a rien de grave  qu'être Africain et en mauvaise santé.

Ce qu'il y a de bien, c'est que pour chaque maladie, y a des références. Y a toujours un cousin, une voisine ou la fille de la boulangère qui a eu la même chose. Si par hasard, cette personne en est morte, vous voyez ce qu'il vous reste à faire. Ça laisse pas beaucoup de marge : Faut ce qu'il faut pour ressembler à ses semblables. Mais si par hasard vous trouvez moyen de mourir quand la voisine qui a eu la même chose s'en est tirée, vous imaginez ce que vous allez entendre à la pro­chaine réunion familiale, dans l'au-delà, bien sûr."

 

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 extrait de mon livre  " la grognasse"

02.12.2011

Prière d'une mère

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"Je me demande à quoi sert ma quête spirituelle si je me sens interdite de communiquer l'amour qui est en moi à l'être que j'ai mis au monde et que je vois parfois si désespéré. Les tourments qui l'assaillent reviennent aussi sûrement que le vent emportera les feuilles qui font de la résistance sur les branches dont l'amour ne suffit plus à empêcher la chute.

Il s'est construit une prison intérieure dans laquelle la lumière non seulement ne passe plus, mais lui fait très mal. J'ai peur de ces dialogues suspendus où je ne peux dire un mot de trop, de crainte de tout voir basculer. Je n'ai plus d'efforts à faire pour deviner les monstres qui l'habitent et qu'il voudrait convier à notre table ou à celle des gens qu'il rencontre, pour donner droit de cité à ce que toute âme sensée réprouve.

Par les mots qu'il ne dit pas, mais que je connais par cœur, qu'il sait que je sais et que je sais qu'il sait que je sais, il y a l'inacceptable, celui qui se terre dans les labyrinthes ou les couloirs de l'inconscient.

Dans ces mots qui se disent sans se dire il y a une insoutenable tension : Je me fige dans un non-lieu avec une prière que je récite en moi-même pour que ses mots et ce qu'ils cachent glissent sans m'atteindre. Dans ces moments là, je n'existe plus. Je voudrais n'être plus là. Je ne suis plus qu'attente dans l'espoir que quelqu'un vienne nous délivrer de cet enfer.

L'amour d'une mère a le pouvoir de cacher à son petit enfant, les ratés de la vie pour lui permettre de danser en plein midi quand dehors il fait nuit. Depuis qu'il est adulte, mon amour lui semble parfois une injure ! Il lui révèle l'absence criante de celui qu'il devrait pouvoir trouver ailleurs. Il l'enroule dans sa solitude au point de sembler l'anéantir et pourtant si cet amour n'existait pas, je ne me demande s'il serait encore en vie.

Qui peut seulement imaginer un être pour lequel les mots d'amour sont blessants et qui par moments s'emmure dans une telle forteresse que le soleil ne parvient même plus à en éclairer les barreaux ? Plus que jamais, la prière est une absolue nécessité. Elle finit par l'éclairer et nous parvenons ensuite à nous dire cet amour que nous éprouvons les uns envers les autres. Il sait qu'il peut compter sur nous. Mais peut-on construite un château sur des sables mouvants ? Je trace des ponts sur l'invisible. La douleur de mon fils décrédibilise d'avance tout témoignage spirituel que je pourrais écrire, mais je m'y attelle tout de même car c'est aussi dans les moments de découragement et de doute que je peux espérer effleurer l'ultime vérité. Ai-je été une bonne mère ? Si j'étais vraiment inspirée par Dieu, pourquoi ne pourrais-je pas apporter du bonheur à mes proches ? Pourquoi Dieu reste-t-il sourd à mes prières ? Pourquoi ne peut-il pas insuffler à mon fils chéri, la révélation qu'il est un être digne de respect et d'amour. Pourquoi ne l'aide-t-il pas à faire de ses épreuves un atout ? Pourquoi l'amour des parents n'y suffit-il pas ?"

  extrait de mon livre : "une aventurière de Dieu"